Beaux-Art : Mythologies

Mythologies

EUR 5,53


L Antiquité avait son Oedipe, le Grand Siècle son roi Soleil, et voilà que Barthes donne à la France de l après-guerre ses nouveaux emblèmes : la DS Citroën, le Tour de France, le steak frites... Tous objets d un culte bourgeois, ils deviennent de véritables mythes pour une société qui finit par se penser à travers eux. Mais si Barthes se penche avec la rigueur de l ethnologue sur ces nouveaux mythes, c est pour mieux en dénoncer les mécanismes : l idéologie dominante ne s inventerait ainsi des valeurs que pour légitimer des normes bourgeoises qui en manquent singulièrement... Écrites quotidiennement de 1954 à 1956, ces mythologies déploient une écriture fine, cultivée et juste, à lire comme autant de petites chroniques savoureuses. Toutefois, on les retiendra avant tout pour l actualité de leurs propos : sur le même modèle, on trouverait sans peine de nouvelles mythologies, qui ne seraient sans doute pas très éloignées de celles que Barthes, en son temps, mettait en évidence. --Karla Manuele

une idole universitaire à ne pas lire béatement - Barthes analyse la société française des années 50. Il porte son regard sur des mythes, c est à dire sur des choses du quotidien qui ont pris une dimension culturelle survalorisée, en décalage avec la réalité. Ce pourrait être excellent, hélas, la mécanique intellectuelle agace vite car on sent que la motivaion réelle de Barthes est de dénoncer ses ennemis (les petits bourgeois, l Ordre, l Eglise) et de préparer le terrain à une révolution -et il a en partie réussi. Son acharnement discrédite son travail : manque d objectivité, mépris, généralisation simpliste (manichéenne). Et où se place-t-il lui-même ? Bathes n est pas prolétaire, ni petit-bourgeois...Est-il au-dessus de tout cela ? Etrange tout de même que ce pourfendeur de mythes défende avec un aveuglement naïf le plus grand mythe de l histoire : le communisme.

Sociologie d un ouvrage - Roland Barthes dans son avant-avant propos écrit en 1970 reconnaît lui-même que l irruption de mai 68 avait bousculé la donne petite-bourgeoise. Dans Mythologies, l auteur s évertue avec un enthousiasme certain à rendre compte en détail de la mystification qui transofme la culture petite-bourgeoise en nature universelle.Publié en 1957, en plein déploiement de ce que Jean Fourastié appellera les trente glorieuses, ce livre recèle parfois de fortes intuitions. Mai 68 sera inspiré des critiques de Barthes contre la société de consommation, l homme unidimensionnel réduit à ses désirs primaires de consommateur, aliéné en cela par une société à l américaine dévoilant son horizon insurpassable dans l acheter-consommer-rejeter matériel.De nombreuses critiques sont passées de mode, étant filles de leur époque. Cependant, des réflexions pertinentes plaisent encore au lecteur désireux de se libérer des discours, images, spectacles le voulant réduit à l enfant abruti.(...) un trait constitutif de la mentalité réactionnaire, est de disperser la collectivité en individus et l individu en essences. Ce que tout le théâtre bourgeois fait de l homme psychologique, mettant en conflit le Vieillard et le Jeune Homme, le Cocu et l Amant, le Prêtre et le Mondain, les lecteurs du Figaro le font, eux aussi, de l être social. Cette pensée a conservé quelque pertinence dans cet amalgame libéral (le terme actuel de bourgeois) partagé à gauche (ce qui serait une nouveauté pour Barthes) comme à droite.Barthes est un intellectuel qui méprise trop aisément, d un revers de manche, les bienfaits que cette société de consommation a produits dans la société française. La critique de l aliénation est empoussiérée et par trop dogmatique.Il y a sans doute des révoltes contre l idéologie bourgeoise. C est ce qu on appelle en général l avant-garde. Mais ces révoltes sont socialement limitées, elles restent récupérables car elles sont d origine bourgeoise et s inspirant toujours d une distinction très forte entre le bourgeois éthique et le bourgeois politique.L ouvrage vaut essentiellement, aujourd hui, par l approche sociologique du contexte qui l a vu naître.

Ceci n est pas un ouvrage scientifique. - Certains se réfèrent à cet ouvrage comme s il s agissait de l exposition d une nouvelle discipline des sciences humaines, la sémiologie. Or, il n est pas question de traités de la Méthode ici. Ce sont des articles composés dans les années cinquante pour les journaux, sur différents phénomènes de société, qui est du reste similaire à la notre dans les aspects où on l aurait crue la plus éloignée. Barthes, et c est cela qui le rend fastidieux pour certains, est très minutieux et très général à la fois. Il s attarde sur des détails à l apparence insignifiante, et en tire des conclusion qu on ne saurait à quel Empirée faire appartenir. Mais c est d ailleurs toute la fascination de cet ouvrage, que de poser la question: qu est-ce que le significatif dans le monde? Sur quoi appuyons nous nos Vérités? Ou bien Barthes était maniaque et paranoiaque, et tout le monde l est avec lui, ou il faut réviser ce que l on considère comme la santé d une sensibilité.

Un livre qui vieillit mal? - Roland Barthes nous fait part de ses commentaires sur des faits marquants et autres actualités faisant la une de Match, ou tout simplement à la mode à l époque (années 50). Il s attaque aux mythes de la petite bourgeoisie et montre que les croyances populaires sont souvent maintenues bien bas par les classes dirigeantes et les médias. Plutot bien dans l ensemble, à part quelques phrases à rallonges incroyablement incompréhensibles...c est dommage, mais ça reste intéressant à lire (en zappant de temps en temps,puisque ce sont des mini dissertations sur pleins de sujets)...




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